Une AG mal partie ?

A propos de l’Ag des luttes du mardi 2 Décembre 2014

Quand, lors de l’AG précédente, à la question, “Qui s’occupe de préparer la prochaine AG ?”, quasiment personne n’aurait levé le doigt, on peut se faire du souci pour l’AG qui vient….

Peur et anti-autoritarisme…

C’est quoi cette peur de prendre les choses en main ?

Dès le début de l’AG, il y avait ce climat anti-autoritaire louable, mais pourtant dévastateur…

Il y a la peur de se faire taxer de petit chef, de candidat-e à la prise de pouvoir qui fait , qu’ une place majeure est laissée à l’auto-organisation spontanée…

On demandera l’autorisation de parler de ceci ou cela, mais à qui ? Des voix anonymes diront « Oui oui vas-y » étrange comme mode de gestion d’un débat…

S’en suivra un joli désordre permanent, un joyeux bordel qui aura pour effet principal une perte de temps, donc d’énergie énorme….

Le temps ça se compte ?

Il y avait au mieux 150 personnes… quand on fait perdre 10 minutes à 150 personnes c’est 1500 minutes de temps humain perdu soit 25 heures…

En économisant 10 minutes on fait gagner 5 h de temps de travail à 5 personnes. C’est-à-dire qu’un groupe de 5 personnes pourrait travailler 5 heures à préparer la prochaine AG , par exemple… J

Quand l’AG démobilise…

En ne gérant pas une AG on la rend démobilisante. Une AG qui aurait pour but, au bout du bout de mobiliser, ou du moins de remobiliser, va se trouver être un instrument de démobilisation puissant.

C’est aussi très souvent le cas pour les manifs, les réunions etc…

On constatera, d’ailleurs, qu’après deux heures d’AG ça a été la grande hémorragie.

Combien de ces personnes ne reviendront plus?

La peur du leadership!

Etre anti-autoritaire, est indispensable, appliquer cet anti-autoritarisme partout, à tout moment, et n’importe comment, pose problème.

Bonjour la métaphore du Voyage en BUS :

Nous sommes une centaine de personnes et partons en voyage avec un car.

Très vite il va falloir désigner un conducteur, on peut en désigner plusieurs qui conduiront à tour de rôle, n’empêche qu’ il en faudra un, sinon, le voyage va vite se terminer.

En conduisant, ce conducteur, peut avoir un pouvoir sur le groupe, si c’est lui qui décide où aller, quel trajet prendre etc… Mais on peut concevoir qu’il n’en ai aucun, et qu’il conduise sous l’autorité collective des voyageurs…

(Encore faudra-t-il que les voyageurs mettent au point des moyens efficaces de prendre des décisions collectives))

Le chauffeur, n’impose rien, ne décide de rien par lui-même si ce n’est le minimum nécessaire pour faire avancer le bus, le mener à bon port en assurant la sécurité des voyageurs.

Le « conducteur » est totalement indispensable sans lui pas de voyage… Il peut y avoir autant de voyageur que l’on veut , sans lui ou un autre conducteur pas de voyage possible…

Or la position anti-autoritaire extrême dans un groupe provoque cette situation, où les voyageurs sont là , le bus est là ,mais personne ne veut le conduire de peur d’être taxé de petit chef…

Et inévitablement après un long moment de surplace une bonne partie des voyageurs présents, partiront…

Une AG est une aventure à haut risque :

Le déroulement d’une AG est une aventure risquée, complexe, ça demande une attention de tous les instants…

Si personne n’a ce soucis-là, alors c’est à terme la démobilisation assurée…

L’AG souveraine ! (Vous m’en mettrez deux kilos)

C’est la formule qui tue, parce qu’inconsciemment, elle porte en elle quelque chose de religieux (cf la Vierge souveraine)

On pense que c’est un lieu miraculeux où si l’on proclame avec un minimum de talent “Nous allons gagner !” ça va le faire…

C’est aussi le lieu du narcissisme, de la concurrence oratoire, et des dominations de tous ordre, surtout quand elles, sont, mixtes, ouvertes…

Pas d’organisation tue un minimum d’organisation :

Est-ce que les gens ont tellement été abusés par les orgas, qu’ils refusent de s’organiser ?

L’organisation est-elle fatalement autoritaire ?

L’anti-autoritarisme est-il forcément une absence d’organisation ?

Vous avez deux heures et je ramasse les copies…

Quand l’AG discrimine :

Une loi qui est rarement assumée est que les absent-e-s ont toujours tort.

Ce qui sous entends, que les personnes, malades, handicapées, les personnes seules avec enfants, celles qui travaillent le lendemain tôt, etc… Ces personnes-là, on en fait quoi ?

Une AG à tout faire ?

Un AG n’est pas un mouvement, l’AG est éventuellement un outil pour créer un mouvement, mais pas une fin en soi…

L’AG décisionnelle, oui, mais de quoi ?

Dans le cas qui nous intéresse elle n’est décisionnelle qu’à propos de son propre fonctionnement…

Non ?

Une vision un poil tordue, quoique…

Cette AG des luttes, n’a pas pour but d’intervenir dans le champ politique, elle a pour but de permettre à ses membres de le faire, en faisant circuler l’information, la formation, la mise en réseau de ses participant-e-s

 Pour finir vous prendrez bien un petit préliminaire ?

Le premier acte d’une ag qui se crée est de prendre le temps de discuter de son fonctionnement, Ce qui nécessitera peut-être, pendant ce premier temps que des gens se constituent en une commission provisoire d’animation pour « autoritairement » mener ce premier débat, et peut-être quelques suivants.

Epilogue

Encore une métaphore, à la noix et qui  plus est,nucléaire :

Comment faire pour que le “Savoir-faire une AG” puisse se transmettre de génération en génération… ?

Faudra-t-il en permanence que chaque génération reprenne à zéro les expérimentations passées…

Faut-il que chaque génération revienne à chaque fois à la bougie pour que  des années, des siècles après, pouvoir appuyer sur un bouton pour voir la lumière jaillir ?

Merci pour tout

André

Le pdf, avec des images: Ag luttes

 

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