NH3, 6 ans avant que pète AZF

C’était à AZF en 1994….

On va sortir un nouveau numéro de la revue tu veux pas venir filmer. Venir filmer, parfois on m’ appelle simplement pour ça, comme si la présence d’ une caméra, qui plus est sympathisante, protégeait la manifestation qui allait se dérouler de tous les mauvais esprits qui pourraient venir la perturber, et amorcerait aussi la venue des médias, mais dont on ne connaît pas le mode d’ emploi.

Selon ma disponibilité, l’ intérêt du projet et l’ affection que j’ai pour les gens en cause, je prends ma décision.

 

Le leader ici c’est celui qui m’ a appelé, Serge. Leader sans l’ être, j’ essaye avec la caméra de privilégier les autres, mais c’ est lui qui systématiquement, naturellement reviens dans le cadre. Nous aurons une discussion sur son rôle de leader assumé mais pas revendiqué.

Pour moi c’ est la possibilité de rentrer dans une usine, de renouer avec mon passé ouvrier, j’ ai l’ impression d’ être de leur monde , quoique je sais que je suis éternel­lement assis entre deux chaises ou trois ou quatre

J’ avais déjà eu l’ occasion de filmer le lancement du numéro précédent c’ était en 88, c’ était  le frère de serge qui m’ avait demandé de venir , et avec lui on avait tenté de faire des interview des “travailleurs”, c’ était une époque où je croyais très fort à la force de l’ interview d’ investigation. ce qui m’ avait frappé aussi c’ était tou­tes ces mains.

 

Quelques années plus tard un nouveau numéro sortait. Il avait fallu un nombre d’ heures considérables de préparation, j’ arrivais là pour le bouclage, et la diffusion.

C’ est une revue de poésie qui est écrite et illustré par quelques personnes tra­vaillant sur cette usine, ou sur d’ autre entreprises de la chimie toulousaine.

L’ idée entre autre étant d’ utiliser l’ imaginaire que provoque l’ univers de la produc­tion et de s’ en servir comme matière pour faire de la poésie, mais aussi des peintu­res  et encore d’ autres choses.

 

Bien qu’ étant autorisées les réunions de travail avaient quelque chose de presque clandestines. Le local est pitoyable, et le temps est compté, puisqu’ il s’agit de faire ça pendant la pose de midi.

La caractéristique dominante de cette entreprise c’ est que sur ces dernières années il y a eu une hémorragie constante du personnel, en x ils étaient xx aujourd’hui ils sont  Y et demain il n’ en restera que z.

Ce jour là des livres de poésie circulent de main en main , Mapi bute sur un recueil de poésie, et réagit d’ un seul bloc, tout tourne autour de l’ expression,  ” Les dents de lions” qui seront prises  au sens figuré quand il s’ agit simplement de la variété de pissenlit. Cette confusion provoquera un beau débat.

 

Plus tard c’ est la présentation de la revue à un public plus large, avec la présence de gens venus de l’ extérieur d’ autres entreprises, et même le passage fugace du directeur. A la fin de la présentation des discussions s’ engagent, X (profession) et Y ouvrier et militant syndical de longue date dans l’ usine discutent à bâton rompu, l’ un voulant entraîner l’ autre vers là où il ne semble pas vouloir aller.

 

 

Je les suivrais encore quelques fois dans les présentations qu’ ‘ils feront dans les entreprises des environs . A Sanofi la présentation a lieu dans la bibliothèque, ça n’ a rien à voir mais, c’ est l’ occasion pour Rémi de découvrir Pierre Desproges . A la Société Nationale des poudres , en attendant le personnel qui vient manger à la cantine Serge expose à Christian et José, le projet de court métrage…

Serge m’ appellera au déclenchement d’ une grève contre les licenciements et puis le temps à fait que nous nous sommes perdu de vue….. jusqu’ à la prochaine fois.

 

 

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